Ci-joint une lettre de Gisèle P., sage-femme iséroise, dans le cadre du procès de Sandrine Fiandino, sage-femme exerçant en isère et savoie, qui sera entendue le 07 juin prochain au
tribunal administratif de Lyon.
"Le 7 juin au tribunal administratif, à Lyon (69003), 184 rue Dugesclin, à 11h, Sandrine
Fiandino, sage femme sera entendue pour la plainte déposée par un médecin pédiatre, Mme E.
Ce procès étant public, je souhaite que nous soyons nombreux à nous déplacer pour soutenir Sandrine parce que je
considère cette plainte scandaleuse, abusive, voire insultante pour Sandrine et aussi pour notre profession de sage femme.
Si vous souhaitez y aller en train à partir de Grenoble, dites le moi au plus vite afin
que je contacte la SNCF pour obtenir un tarif de groupe.
Pour ma part, je serai en grève le 7 juin. Mes rendez vous seront annulés pour la journée
et les bébés ne naîtront pas ce jour là en ma présence dans le lieu choisi par leurs
parents. Je ne peux que conseiller aux parents qui mettront au monde leur bébé ce jour là
de contacter le service maternité d’urgence.
Avec toute ma désolation pour le manque de respect que certaines personnes peuvent porter à l’égard de ma profession de sage femme et de nous même, ceux et celles qui dérangeons ces braves gens qui nous attaquent pour défendre leur
droit à soigner, soit disant, réservé... Pourtant , sans ces guerres de pouvoir, qu'est-ce que la santé de tous y gagnerait !
Avec tout mon soutien pour Sandrine Fiandino que je connais exercer notre profession avec grande qualité.
Ceux et celles qui souhaitent en savoir plus sur ce dépôt de plainte peuvent se rendre au tribunal le 7 juin 2012.
Pour vous donner quelques exemples de la plainte : Celle ci porte, entre autre, sur une famille qui aurait, selon madame la pédiatre, « des habitudes alimentaires d’un genre de secte ». Ne me demandé pas, à moi, ce que sont les habitudes
alimentaires des personnes qui appartiennent à des sectes, je n’en sais rien. Je n’ai pas appris cela à l’école de sage femme. J’espère que Mme E.
médecin pédiatre, sera présente lors du procès pour nous l’expliquer puisqu’elle a l’air bien informée sur ce sujet…mais faite attention aux légumes
et fruits que vous consommez car vous « risquez » de devenir secte si vous en consommez sans modération !!! A moins que ce soit la viande qui
nous contamine ? ou les OGM ?
Un autre sujet de la plainte que vous aurez à découvrir : une famille, suivie par la sage femme contre qui la plainte est déposée et qui devra se justifier au tribunal, a un fils de 6 ans non vacciné… Imaginé le scandale... Qui est responsable ?
Mme E. pédiatre considère qu’il est judicieux de porter plainte contre la sage femme qui a suivi la famille pendant la grossesse et l’accouchement
de leur dernier né de 8 mois, lui même, peut on l’imaginer, non
vacciné. Mme E. en tant que bon médecin engagé et convaincue souhaite faire cesser les pratiques qui mettent en danger les enfants qui n’ont pas les soins obligatoires à leur développement. Et pour ce faire, porter plainte contre la sage
femme qui a accepté, à plusieurs reprise, de recevoir cette famille dans son cabinet médical.
Vous pourrez apprendre, le 7 juin au tribunal à Lyon qu’ »une sage femme n’a plus aucune compétence pour les enfants, dés après la naissance ». Alors peut être qu’à partir du 7 juin, je rendrai mon caducé de sage femme si le juge
maintient, qu’en tant que sage femme, je ne suis pas compétente pour recevoir en consultation des nourrissons et leurs parents. Je n’envisage pas
dés la naissance ne plus aider les parents. Et le rôle de la sage femme me parait si important dans les jours, les semaines et les mois qui suivent
une naissance pour la triade père – mère et enfant.
Vous entendrez parler, le 7 juin, d’une famille qui est « en relation amicale » avec mme la pédiatre qui porte plainte et qui « ne fait pas partie de la secte de Modane ». Ouf, nous voilà rassurés… enfin une femme qui a suivi les bons conseils
alimentaires et qui n’a pas été contaminée par la méchante sage femme. C’était important de le préciser dans le courrier de plainte parce que comme
elle a eu plusieurs rendez vous avec la sage femme, elle aurait bien pu être envoutée.
Le comble de tout cela, et Mme la pédiatre a considéré que cela valait bien aussi le dépôt de cette plainte, sachez qu’il y a des femmes qui « mangent leur placenta à la vinaigrette ». Bien entendu, j’imagine que mme la pédiatre puisse être
choquée et que c’est important de porter plainte contre Sandrine Fiandino qui, j’en suis persuadée, n’alerte pas plus les services de protection
maternelle et infantile quand des femmes, des hommes goûtent à leur
propre placenta. Bon, mme la pédiatre ne le dit pas dans sa plainte mais j’entends dire que des femmes, des hommes et mêmes des nouveaux nés boivent le lait de leur mère après l’accouchement. Peut être cela serait important d’alerter la
PMI, voire de déposer une plainte contre les sages femmes et les médecins qui acceptent cette consommation de produit humain !
Madame E. demande que « les instances ( = entre autre, le conseil de l’ordre des sages femmes) fassent interdire de telles pratiques qui s’apparentent à des sévices gravissimes ».
Est-ce que mme E. osera traiter Sandrine Fiandino, le 7 juin, comme elle l’a déjà fait par écrit dans sa plainte, « d’un genre d’individu imbécile »
Venez le 7 juin, si vous ne souhaitez pas que nous devenions celles qui :
- vous interdisent de manger vos placentas,
- alertent les instances dés lors que vous ne vous conformerez pas aux ordres des médecins,
- N’ont plus le droit de recevoir vos nouveaux nés et nourrissons en consultation
- Sommes insultées par ceux qui pensent que nous sommes des sorcières à mettre sur le bûcher,
- N’ont plus le droit d’exercer notre profession et donc que les parents n’aient plus le choix de prendre
des informations, des avis auprès des sages femmes, de faire suivre leur grossesse par des sages femmes, n’aient plus le choix de mettre leur bébé au monde, en France, avec qui ils veulent et où ils veulent,
Pour ma part, ces exemples, tout comme le reste de la plainte déposée à l’encontre de ma consoeur sage femme m’apparaissent, encore aujourd hui, comme hallucinants. Pourtant, très souvent, des situations me montrent que cette plainte
s’intègre bien à notre société. Nous sommes en France en 2012.
En attendant le 7 juin, nous qui soutenons Sandrine Fiandino, sage femme, sommes dans l’incertitude : allons nous encore avoir le droit d’exercer pleinement notre profession et si oui, dans quelles conditions ?
GP"
Vendredi 25 mai 2012
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25
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10:30
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Par Naître Chez Soi
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Publié dans : Action en cours
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