"Naître Chez Soi"
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Super article sur le site canadien cyberpresse:
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201110/19/01-4458842-pour-en-finir-avec-la-resistance-des-medecins-face-a-laccouchement-a-domicile.php
On devrait faire la même chose chez nous!
«Je suis mère de quatre enfants. Trois d'entre eux sont nés à la maison, avec l'assistance d'une sage-femme. Un choix éclairé, mûri, réfléchi, conscient. Un choix responsable, d'abord et avant tout. L'accouchement à la maison était pour moi et mon conjoint un choix naturel pour donner naissance à nos enfants dans l'intimité, le respect, la douceur et dans un environnement sécuritaire. Oui oui, j'ai bien dit sécuritaire. Je le clame haut et fort car les données probantes sont disponibles pour le confirmer.»
Et pourtant. Cette mère, aux dires de certains médecins, n'est qu'une irresponsable. On en retrouve une belle démonstration dans le numéro d'octobre 2011 du magazine Enfants Québec. Dans l'article «Elles veulent accoucher à la maison», le président de l'Association des gynécologues-obstétriciens du Québec, Robert Sabbah, confirme que les accouchements à domicile, bien que légaux, demeurent inacceptables à ses yeux: «Accoucher à la maison est criminel, négligent et dangereux» affirme-t-il.
Manque de respect
Ces propos constituent un manque total de professionnalisme et de respect envers les femmes, ils vont également à l'encontre des données scientifiques actuelles. En effet, la sécurité des accouchements à domicile est largement reconnue par plusieurs études, notamment la méta-analyse Olsen qui a recensé 607 études à ce sujet et sur laquelle s'est appuyé le Conseil d'évaluation des projets-pilotes en Maisons de naissance avant de recommander le domicile comme lieu de pratique acceptable pour les sages-femmes.
De tels propos salissent et bafouent le travail de nos sages-femmes qui continuent à faire face, depuis des années, à cette attitude méprisante ou, à tout le moins, à l'ignorance inexcusable de trop nombreux médecins. Rappelons qu'au Québec, la sage-femme est la seule professionnelle qui offre ses services dans différents lieux incluant le domicile. En conséquence, les propos de Robert Sabbah équivalent à affirmer que la profession de sage-femme s'exerce de façon criminelle, négligente et dangereuse.
Par ailleurs, les propos de Sabbah contreviennent largement au code de déontologie des médecins qui stipule que «le médecin qui s'adresse au public doit communiquer une information factuelle, exacte et vérifiable. Cette information ne doit contenir aucune déclaration de nature comparative ou superlative dépréciant ou dénigrant un service ou un bien dispensé par un autre médecin ou d'autres professionnels » (article 88.01). Et encore: «Le médecin exposant des opinions médicales par la voie de quelque média d'information doit émettre des opinions conformes aux données actuelles de la science médicale sur le sujet (...)», (article 89).
À côté de la désinformation
Ailleurs dans le monde, certains obstétriciens ont une pensée bien différente. En effet, en Angleterre, le Collège royal des gynécologues et obstétriciens est récemment venu à la conclusion que trop de bébés naissent dans les hôpitaux et qu'il serait bénéfique d'augmenter le nombre de naissances hors de l'hôpital (source: www.bbc.co.uk/news/health-14145862). Pensons également aux Pays-Bas, où l'accouchement à domicile est très répandu et ce, avec des statistiques de santé maternelle et infantile qui n'ont rien à nous envier.
De plus, outre la désinformation véhiculée par certains médecins dans les médias et leur ignorance face à la profession sage-femme, il est plus que fréquent que ceux-ci s'opposent aux projets d'implantation de maisons de naissance dans les diverses régions du Québec. En fait, depuis que le ministre de la Santé s'est engagé en mai dernier à assumer la totalité des coûts d'implantation des maisons de naissance, l'obstacle numéro un à leur émergence est et demeure la résistance des médecins.
En effet, les projets de maisons de naissance, qui sont portés par des groupes de citoyens bénévoles, se butent à des obstacles de taille. Ou bien les médecins ne veulent tout simplement pas de sages-femmes dans leur région, ou bien ils n'en veulent qu'entre les murs des hôpitaux, lieux qu'ils imaginent comme étant les seuls qui soient sécuritaires pour donner naissance et ce, en dépit des données statistiques et de la science qui démontre que ceci n'est qu'un préjugé. Le lobby des médecins est puissant, tant au sein des CSSS qu'au plan national; face à un tel mur, les énergies bénévoles s'essoufflent.
Ce contexte néfaste a trop perduré, les femmes enceintes ne sont pas malades et elles sont des citoyennes à part entière qui ont le droit de choisir où et avec qui elles accouchent. Les propos de Robert Sabbah sont inacceptables et portent atteinte à ce droit fondamental en faisant croire que c'est dangereux d'accoucher chez soi. De quel droit agit-il de la sorte?
À quand la collaboration ?
Le cas de Robert Sabbah devrait être sévèrement réprimandé par le Collège des médecins. Le contexte exige même que les conséquences de ses propos fassent exemple, de manière à sensibiliser l'ensemble de la communauté médicale. Avant de s'exprimer sur la question, les médecins ont le devoir d'être informés sur la pratique des sages-femmes et sur les particularités des différents lieux de naissance. Ils seront surpris de constater les avantages du domicile pour protéger et favoriser l'accouchement physiologique, un événement qu'ils n'ont, pour la vaste majorité, jamais vu de leurs propres yeux.
À quand la juste collaboration entre tous les professionnels de la santé : sages-femmes et médecins? À quand le respect du code de déontologie des médecins? À quand le respect de l'autonomie des femmes à l'égard de leur maternité ? À quand la reconnaissance de leurs droits sur leur corps et de leur liberté d'en disposer?
Il est temps que cette opposition cesse! C'est pourquoi nous formulons une plainte officielle au Collège des médecins envers son membre Robert Sabbah; nous demandons qu'il soit sévèrement blâmé pour ses propos contraires à la déontologie médicale et que les conséquences incluent un stage d'observation avec des sages-femmes.
De plus, nous invitons les femmes qui subissent des jugements ou des propos dénigrants à propos de leurs choix en matière d'accouchement à briser le silence. En effet, il faut dénoncer de tels propos aux instances responsables. Le Groupe MAMAN vous propose une lettre type, téléchargeable depuis son site Internet, à adapter à votre situation et que vous pouvez envoyer au Collège des médecins (CMQ). Nous devons travailler ensemble, solidairement, afin de faire respecter nos droits sur nos corps et faire comprendre, une fois pour toutes, que l'accouchement appartient aux femmes et à leurs familles.
Au nom de toute l'équipe du Groupe MAMAN,
Lysane Grégoire, présidente
Alexandrine Agostini, vice-présidente
www.groupemaman.org
En construction...pour le moment redirige vers les sites AAD des divers pays (en VO)
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