Naître Chez Soi

Je me présente rapidement, je vis en Lorraine, j'ai 32 ans et suis mariée depuis mai avec le papa de ma fille qui a aujourd'hui deux semaines.

Je ne suis pas nouvelle sur le forum, je vous lis en "sous-marin" depuis de longs mois, en fait, depuis que j'ai eu la volonté de faire naître notre enfant à domicile après que nous nous soyons renseignés sur les protocoles en cours dans les maternités de notre région.

La lecture de vos discussions m'a beaucoup apporté durant ma grossesse, elles ont souvent répondu à mes questionnements et m'ont permis de prendre conscience de beaucoup de choses auxquelles je n'avais pas pensé. Elles m'ont aussi permis de me sentir moins isolée dans mes convictions et mes choix vis à vis de la naissance que je voulais pour ma fille.

Je tiens à toutes vous remercier de vous investir ainsi, sans jugement à l'emporte pièce sur les témoignages et avis que postent les mamans et futures mamans, la meilleure façon que j'ai trouvé pour ça est de vous raconter la naissance de notre enfant. C'est très long… je ne sais pas résumer… J désolée…  

J'espère que mon récit rassurera celles qui ont des appréhensions vis à vis de l'accouchement, je n'ai rien enjolivé, ma vision n'est pas biaisée par la joie de tenir mon enfant contre moi, je sais maintenant qu'il y a des accouchements qui peuvent  être relativement  faciles et que le dogme "tu accoucheras dans la douleur" n'est pas vrai pour tous !

Cette naissance n'a pas eu lieu de la façon dont on l'avait préparée mais nous ne regrettons rien, malgré les petites difficultés rencontrées par la suite...

Encore une fois merci à toutes !


 

                                                                                                                
  
NOTRE NAISSANCE

 

Ma grossesse s'est déroulée sans problème, je dis souvent que j'ai eu une grossesse de rêve. Je ne travaille pas et je pense que ça y fait beaucoup, j'ai pu m'écouter sans entrave, me reposer quand le besoin s'en faisait ressentir, n'ai pas subi de stress extérieur, bref, gérer en priorité cet état particulier. Une seule matinée de nausée, pas de pertes bizarres, un col fermé jusqu'au bout...
 

J'ai changé plusieurs fois de personne pour mon suivi. D'abord mon gynécologue, qui s'est révélé, goujat, obtu et complètement morbide dès qu'on a commencé à parler de naissance "la plus naturelle possible" (on ne songeait même pas encore à un AAD)...

Ensuite une sage-femme libérale, très douce, très gentille mais qui s'est affolée devant une prise de poids un peu excessive et mon syndrome de la blouse blanche, en me transmettant ses angoisses. Elle voulait se couvrir (alors que tous les examens se sont révélés négatifs) en me prescrivant une visite chez un obstétricien de sa connaissance. J'ai refusé et ai continué le suivi de ma grossesse avec la sage-femme qu'on avait fini par trouver pour nous accompagner à domicile, ce qui n'était pas envisagé jusque là en raison de la distance entre elle et nous (1h30).

Je n'ai pas subi de toucher vaginal (et n'ai pas eu à les refuser, étant suivie par des sages-femmes très rapidement, sauf lors de l'inscription à la maternité lors de la visite avec l'obstétricienne qui me l'a proposé tout de même en me disant: "Je suppose que vous ne voulez pas être examinée... ") autre que ceux de mon mari en toute fin de grossesse pour estimer la consistance de mon col (sans utilité au vu de la vitesse avec laquelle il s'est effacé le jour J).

Je me suis fait violence pour avoir un suivi de grossesse "normal", j'ai juste contourné le test du diabète où il faut avaler du glucose à gogo et proposé, comme je l'avais lu plusieurs fois sur "Naître chez soi", un contrôle pré et post-prandial qui s'est révélé des plus normal... j'ai surveillé de près ma tension, à domicile, plusieurs fois par semaine lorsque la sage-femme me faisait peur... Je tenais à ce que notre bébé naisse à domicile mais je voulais que ce soit dans les meilleures conditions de sécurité possible, sachant qu'on est à l'abri de rien même lorsqu'on a pris toutes les précautions imaginables. Et à la moindre alerte concernant ma capacité à accoucher sans l'assistance d'une équipe ou d'un plateau technique, notre projet aurait été remis en cause. Non sans que je déprime sérieusement, ça ne fait aucun doute...

Je n'ai jamais eu l'intention d'accoucher sans l'assistance d'un ou d'une professionnelle, ça n'a jamais été dans mes projets, je ne me serais jamais remise de faire ce choix consciemment et que quelque chose tourne mal.

 

Mardi 30 juin, nous téléphonons à la sage-femme qui doit assister la naissance de notre fille. Je suis en toute fin de grossesse, le terme est prévu pour le 07 juillet. Nous apprenons avec consternation que notre accompagnatrice est malade et qu'elle doute très fortement pouvoir faire le déplacement jusqu'à notre domicile si la naissance a lieu les jours suivants, elle n'est pas certaine d'être bien si la petite arrive à terme non plus.

Elle est désolée et nous encore plus... mais il faut nous résoudre à ce que l'accouchement se passe à la maternité ou à faire le déplacement jusqu'à Luxembourg où elle  pourra éventuellement se rendre pour nous accompagner en plateau technique.

Il est hors de question pour moi de prendre la route jusqu'à Luxembourg, à 1h40 de chez nous, d'autant plus que je sens notre fille bouger de plus  en plus comme si elle commençait à chercher son chemin et que j'ai eu pour la première fois une et une seule contraction vaguement douloureuse dans la journée.

 

Son père et moi avons discuté de la situation et nous avons décidé de passer le maximum de temps à la maison lors du travail pour nous rendre à la maternité le plus tard possible. En effet, j'ai le "syndrôme de la blouse blanche" et le fait de me rendre dans un établissement hospitalier fait instantanément monter ma tension aux environs de 16 et je crains l'escalade des actes si on arrive trop tôt. (A domicile, contrôlée plus que régulièrement, je ne monte pas au dessus de 13...). Lors de l'inscription à la maternité, on m'a répondu que ce fameux "syndrôme" n'existait pas... pas de quoi me rassurer pour la suite.

 

Mercredi matin, je suis un peu fatiguée, la nuit a encore été agitée et je n'ai pu fermer l'oeil que quelques heures en me réveillant régulièrement, pourtant, je n'ai pas eu de contraction mais je ne suis à l'évidence pas tranquille.

La matinée se passe tranquillement, la petite bouge toujours beaucoup dans mon ventre mais je n'ai pas de douleur. Son papa continue de travailler dans les combles qu'on vient d'aménager en prévision de l'arrivée de notre fille et je m'occupe à faire quelques derniers achats sur le net dans la même optique entre deux coups de téléphone de nos proches qui demandent des nouvelles.

Aux environs de 14h00, je ressens une contraction assez forte tout de suite, elle part du pubis pour remonter vers mon nombril...

à peine 5 minutes plus tard, une seconde contraction de la même intensité et dans le même sens... C'est mon premier enfant, je ne connais pas ces sensations encore et je me dis que c'est mon col, fermé jusqu'à ce jour, qui travaille et commence à s'ouvrir.

Je suis surprise toutefois de la proximité des contractions. .. deux minutes plus tard, nouvelle contraction. .. puis plus rien durant dix minutes, ce délai me conforte dans l'idée du travail du col surtout que la pression se fait de bas en haut et non à l'inverse comme je l'imaginais.

Mon époux a terminé ce qu'il voulait faire pour le moment et je lui expose la situation, à partir de ce moment il reste auprès de moi.

 

Les contractions se sont succédées ainsi durant tout l'après-midi, de façon très anarchique, quelquefois espacées de 15 ou 20 minutes pour s'enchaîner ensuite avec à peine une minute de répis et s'espacer encore de 10, 15 minutes. La sensation n'est pas  des plus agréables mais je suis loin de penser qu'il s'agit des contractions qu'on ressent lors d'un accouchement.

Je pense que mon bébé essaye de prendre place dans mon bassin, sa tête n'était pas engagée dans le col lors des derniers  examens la semaine précédente et je ne la sentais encore pas engagée jusque là.

Je tente de l'aider un peu en faisant quelques mouvements sur mon ballon de grossesse et dans un simulacre de danse orientale. Les contractions ne m'empêchent pas de bouger ou de marcher, elles me ralentissent un peu mais je les accueille en pensant à mon col qui s'ouvre et à mon bébé à qui je dois préparer le passage au mieux. Je ne cherche pas à limiter les sensations ni à m'en détacher, je les décortique et les accompagne avec la respiration abdominale que je pensais inutile d'apprendre (je voulais faire seulement confiance à mon instinct et à mon corps). Peut-être l'aurais-je utilisée instinctivement sans l'avoir apprise, toujours est-il qu'elle m'a été très utile à mon avis.

 

Mon homme et moi pensons bien que la naissance de notre fille va bientôt avoir lieu, sans doute dans la nuit. Pour un premier accouchement le travail est généralement long, c'est de notoriété publique... et puis mon col était fermé, je n'avais jamais eu de contraction ou très très peu pendant la grossesse, une ou deux par jour depuis une semaine...

Je reste un bon moment couchée, les contractions ne se calment pas mais certaines sont moins rapprochées il me semble.

Le signal que nous attendons, c'est la rupture de la poche des eaux, là... on commencera à songer à aller à la maternité qui se trouve à 25 minutes environ de chez nous.

 

Vers 19h30, je décide d'aller prendre un bain pour voir si les contractions se calment ou non, je ne suis pas loin de me dire que c'est un faux travail et que ça n'est encore pas ce jour que notre fille sera dans nos bras. Les contractions sont irrégulières, quelquefois très légères, à peine marquées, l'instant d'après beaucoup plus fortes pour se calmer à nouveau.

Une fois dans la salle de bain, je m'installe sur les toilettes et y reste clouée par une contraction vraiment intense qui irradie jusqu'à l'extérieur de mes cuisses (c'est ce que j'ai trouvé de plus douloureux.. .). Elle dure une bonne minute et est suivie presque immédiatement d'une seconde toute pareille en un peu plus forte qui débute juste au moment où le papa entre dans la  salle de bain, je m'accroche à lui, je ne peux pas parler ni bouger. Une fois passée, je lui explique un peu les sensations et lui dis que je pense que je ne pourrai pas prendre de bain, que la petite va certainement arriver très bientôt. Il me croit à moitié... enfin il continue de penser que très bientôt, ce sera dans la nuit...

Une nouvelle contraction arrive dès que j'ai fini ma phrase et là, clairement une grande sensation de poussée et toujours cette  brûlure sur l'extérieur des cuisses. Cette fois je comprends que c'est mon bassin qui s'écarte pour laisser passer notre fille. Je demande alors au papa d'aller préparer notre lit, rien n'est prêt encore, nous ne nous attendions pas à ce que les choses s'enchaînent si vite.

Pas le temps de nous rendre à la maternité, les sensations sont bien trop claires, elle arrive, si on bouge, elle naîtra sur la route.

Quelques minutes et une contraction plus tard, tout est protégé et je me traine tant bien que mal jusqu'à notre chambre pour m'installer à quatre pattes sur le lit, tout de suite une contraction me cloue le bec, pas le temps de demander d'autres coussins pour surelever mon torse... je sens clairement la tête de notre fille qui progresse dans mon vagin et mon perinée s'étirer tranquillement ; tout va bien, je suis sereine. Je  ne contrôle rien de la poussée instinctive mais parviens sans trop de difficulté à l'accompagner doucement sans trop de puissance, toujours grâce à la respiration.

Pas le temps de penser à utiliser les cours d'hypno-naissance qu'on a pourtant répétés tant de fois, c'est inutile en fait, le travail se passe bien et je ne souffre pas vraiment, c'est juste éprouvant et fatiguant parce-que les poussées reflexes sont rapprochées et puissantes, c'est plus impressionnant que douloureux à ce moment.

Mon mari lui attend que je perde les eaux... rires. Je lui dis de mettre sa main à la prochaine contraction, je veux savoir si il sent la tête de la petite qui arrive. Il n'ose pas mais me dit que le périnée s'ouvre en effet.

La poussée d'après il m'annonce qu'il voit la poche qui sort, quelques secondes plus tard il s'exclame:"Ah non! c'est pas la poche, je vois des yeux ! " et il m'encourage de plus belle à faire naître notre fille... Si, c'est bien la poche, mais elle ne s'est pas rompue et notre fille nait encore toute protégée dans son écrin, elle l'a percée toute seule en sortant.

La poussée d'après j'apprends de sa bouche, même si je l'ai bien sentie, que toute la tête est sortie, elle a deux tours de cordon autour du cou mais il ne peut pas encore lui retirer, elle est un peu remontée. Je le rassure en lui disant qu'il pourra le faire à la prochaine poussée, les contractions sont très rapprochées et les poussées d'une efficacité sans faille jusque là.

Mais il n'est pas vraiment inquiet, il a bien vu notre puce bouger et lui faire une mimique de la bouche, elle va bien.

La poussée suivante dégage son cou et son épaule ainsi qu'une petite main, elle s'est spontanément tournée pour pouvoir passer le haut de son petit corps. Son père a tôt fait de retirer les deux tours de cordon de son cou, ils n'étaient heureusement pas serrés et la petite n'en a visiblement pas souffert du tout.

Encore une contraction/ poussée et Morgane naît jusque dessous ses côtes. J'arrive à bout de patience, je veux la voir !!! alors je demande à son papa de la tirer doucement, maintenant elle devrait sortir sans problème. Une minute plus tard, le temps de l'admirer quelques instants pour lui tout seul et qu'il lui souhaite encore une fois la bienvenue parmi nous et au monde et je la serre contre moi.

Morgane est née, il est 20h35 et nous sommes le 1er juillet 2009.

Elle a un peu craché et soufflé ce qui l'encombrait dans les bras de son père et poussé quelques cris, vite calmés, en agitant ses petits membres.

Elle va bien, très paisible, les yeux ouverts elle observe son nouvel environnement d'un air étonné et déjà éveillé. Nous restons collées l'une à l'autre un long moment avec son papa tout près de nous. Morgane s'endort sans vouloir de sa première têtée malgré mon insistance, nous sommes en extase devant cette vie qui, elle, s'éveille et n'en sommes toujours pas redescendus son père et moi.

 

Nous songeons alors à regarder le cordon ombilical qui nous relie toujours la petite et moi. Il ne bat plus, il est temps de le couper. Mon époux suit alors les recommandations que nous avait fait la sage-femme au cas où elle n'arriverait pas à temps pour la naissance de notre enfant (elle se trouve à une heure et demi de route de chez nous). Il se munit de deux lacets qu'il noue sur le cordon et d'une paire de grands ciseaux qu'il désinfecte soigneusement. Il noue les lacets à quelques centimètres du

futur nombril de de notre fille et avec une grande émotion, coupe entre les deux. Nous voilà séparées ...

 

A regret, je dois alors songer à la dernière phase de l'accouchement. Je confie notre enfant à son papa et je me rends à la salle de bain, je sens bien que je dois expulser quelquechose. .. il ne s'agit malheureusement que de sang coagulé et de pas mal de sang liquide lui. C'est un peu impressionnant, jusque là il n'y avait eu que très peu de sang versé pour l'accouchement, je me

rassure en repensant aux vidéos d'accouchements que j'ai pu voir sur internet mais je suis quand même un peu inquiète des pertes importantes que j'ai à ce moment. Ca fait plus d'une heure que Morgane est née et le placenta ne semble pas encore vouloir descendre. Je rejoins alors son père et elle sur le lit, une serviette entre les jambes et je tente à nouveau de persuader notre petite de prendre sa première têtée car je sais bien que les hormones produites lors de cette têtée aideraient à la délivrance, rien à faire, tout ce qu'elle veut pour le moment, c'est récupérer de ses émotions.

Le temps passe très vite, nous restons encore une heure tous les trois à apprécier ce moment de découverte mutuelle, Morgane s'éveille de temps en temps et nous fait grâce de quelques petits bruits de contentement.

Nous nous reposons aussi de nos émotions et de la surprise de cette naissance si rapide. Cependant nous commençons à parler d'aller à la maternité pour moi, il n'y a toujours aucun signe que le placenta veut sortir, aucune contraction qui aiderait à l'évacuer et je continue à perdre du sang

en goutte à goutte... Je me lève alors et décide de marcher un peu en espérant que l'apesanteur aide et finalement, après avoir demandé un dernier délai à mon mari qui avait tout préparé pour partir à la maternité, je retourne à la salle de bain et tente de pousser légèrement pour sortir ce sacré placenta qui finit par tomber dans sa petite bassine accompagné d'un cri de victoire.
Morgane est née depuis environs 3 heures... Selon mes petites connaissances, il a l'air entier, je suis rassurée. Une petite toilette plus tard, je rejoins mes amours dans la chambre et nous pouvons enfin nous reposer sans nous préoccuper de rien d'autre que nous trois.

 

Le lendemain, le papa appelle la sage-femme qui doit s'occuper de mes suites de couches pour l'avertir que l'accouchement a eu lieu et lui demander de passer à la maison. Elle a commencé par vouloir le diriger vers la maternité où nous devions nous rendre selon elle.
"C'est légal" a-t-elle dit... certes légal... mais pas notre choix. Elle a donc fini par accepter de venir mais nous avons eu la surprise de la voir "débarquer" à la maison en compagnie de d'une sage-femme et d'une puericultrice de la PMI locale.

J'ai moyennement apprécié le fait qu'elle n'ai pas prévenu de leur présence.

Les choses se sont tout de même bien passées, j'ai eu confirmation que mon périnée était bien intact mis à part une mini égratignure complètement indolore... et elles ont toutes pu se rendre compte que nous n'étions pas, mon mari et moi, les hurluberlus qu'elles pouvaient imaginer et que notre enfant n'était pas forcément en danger entre nos bras.

Il y a bien eu quelques tentatives de nous influencer sur les protocoles habituels concernant les nouveaux nés... elles nous ont demandé de lui faire faire le vaccin anti-tétanique parce que les ciseaux utilisés par le papa pour couper le cordon étaient désinfectés mais pas stériles... refus de notre part... elles ont un peu insisté mais ça a fini par leur passer.

Le médecin de PMI a fortement insisté également pour préscrire la Vitamine K, malgré mon refus de la donner à notre petite. J'ai toujours l'ordonnance dans son carnet de santé et cette prescription n'a plus lieu d'être, notre fille ne prend pas assez de poids et nous complétons l'allaitement par des biberons de lait maternisé qui en contient largement.

Nous avons été "pistés" durant la première semaine de vie de notre puce par des visites à domicile quotidiennes, en alternance, sage-femme libérale (que j'avais choisie avant l'accouchement) et la puericultrice de la PMI. A présent, la pression se relâche un peu et nous apprécions enfin notre intimité entièrement retrouvée. Notre fille aura deux semaines ce soir même.

 

Le papa de Morgane a eu également quelques difficultés à déclarer l'existence de notre petite. Au guichet de la Mairie, il lui a été répondu: "Oh là ! vous vous trompez Monsieur, c'est la maternité qui déclare la naissance ! ", et après quelques explications complémentaires : "Oh... mais ça fait des années qu'on a pas eu de pareil cas, revenez demain, il faut qu'on se renseigne pour ne pas faire de bêtise..." et le lendemain : "Il vous faut l'attestation d'un professionnel de la médecine ayant assisté à la naissance pour pouvoir déclarer la petite..." (nous n'étions que tous les deux !) et le dernier jour, soit le lundi (Morgane est née mercredi soir), avec une attestation de la sage-femme du suivi de couches, la petite a enfin pu être enregistrée officiellement. Elle a simplement indiqué qu'elle m'avait examinée et que je présentais bien les signes d'un accouchement et que la petite était née viable.

 

Ces petits désagréments ne sont rien, notre enfant est sereine, très tonique mais calme et patiente, déjà souriante souvent. Nous n'osions  pas espérer un bébé aussi facile et agréable à vivre et sommes persuadés que sa naissance en toute tranquilité et dans le calme de notre foyer, sans stress, sans peur, entourée d'amour, a beaucoup joué dans ce caractère. Nous nous efforçons depuis de continuer à préserver une ambiance sécurisante et paisible autour de nous et profitons au maximum de ces moments si précieux.

Sam 18 jui 2009 2 commentaires
merci pour ce magnifique témoignage. c'est trés rassurant pour moi qui prépare un AAD et qui ai peur de la douleur.
cette naissance respire le bonheur la simplicité et la sérenitée! félicitation, profite bien de ta puce.
maeva - le 28/07/2009 à 13h46
Bonjour,
Ce magnifique récit me rappelle la naissance de Constance, le 1er avril dernier, dans la chaleur de notre foyer accompagnés de notre sage-femme. Elle est toujours souriante et de bonne humeur, je suis persuadée aussi que cette naissance respectée y a été pour beaucoup.
Et même si nous avions un certificat de naissance de la sage-femme, nous avons aussi eu beaucoup de mal à la déclarer à la mairie.
Bienvenue à Morgane (Constance aurait pu s'appeler Morgane !).
Blandine - le 14/10/2009 à 13h09