Naître Chez Soi



Nous sommes fin 2003 je crois… cela fait plusieurs mois que je réfléchis aux conditions de la naissance de mes enfants, à mes accouchements… le récit de l’accouchement de Laure, lu presque 2 ans auparavant, fut une révélation. Avant cette lecture je n’aurais jamais imaginé que des femmes puissent choisir accoucher chez elles et à genoux ! Pendant ces 2 années j’ai souvent repensé à ce récit.

Bizarrement, depuis que je l’ai lu, je m’imagine toujours à la place de cette femme qui accouche, je m’imagine chez moi, mais je l’imagine seulement, je ne l’envisage jamais comme une possibilité réelle, cela reste du domaine du rêve… (je ne songe même pas à en parler à Xavier, pensant essuyer un refus catégorique)… donc je continue à imaginer, jusqu’à cette fin d’année 2003 où nous commençons à envisager de "mettre en route" un troisième bébé dans quelques mois. Et là… oui… un troisième bébé, oui, MAIS… instant de panique, je me cherche. Je crois que je n’avais jamais osé m’avouer que je ne souhaitais plus mettre mes enfants au monde dans un hôpital. J’essayais de suivre "le groupe", parce que c’était sans doute ce qu’il y avait de plus simple, de "mieux". Et là, l’évidence… je ne veux plus y retourner, je ne peux plus y retourner. Je vais chercher une solution, je vais la trouver, comment peut-il en être autrement ?

Je décide alors, toujours seule, que mon prochain bébé naîtra à la maison, si lui et moi sommes en bonne santé bien sûr.

Je cherche, je fouille sur Internet, il n’y a pas de sage-femme dans ma région proche et celles que j’ai contactées estiment que la distance est trop importante… je continue mes recherches, et puis… un jour une personne me donne un numéro de téléphone, pas de nom, rien, juste un numéro de téléphone que je recopie sur un morceau de papier, et une ville : Nantes. Quelques minutes plus tard, avant d’aller chercher les enfants à la sortie de l’école, c’est le cœur battant que je prends le téléphone et appelle J, une sage-femme qui accompagne les naissances à domicile, en espérant qu’elle accepte de venir jusqu’à la maison (elle n’habite pas tout près), … "Allo, bonjour madame, vous êtes bien sage-femme ?" Ecoute, respect, douceur se dégagent de cette femme… Je lui parle de mon projet, le courant passe… ça y’est ! je peux tomber enceinte ! Je sais que je ne subirai plus malgré moi et sans raison la valse des touchers vaginaux, des contrôles et dépistages systématiques… Je me sens libre !

Je parle de cette idée de l’AAD à Xavier. Je crois qu’il m’a prise pour une folle au début ("tiens, encore une idée bizarre qui lui traverse l’esprit… mais elle serait bien capable de vouloir m’embarquer dans son truc, c’est qu’elle a l’air d’y tenir à son accouchement !"). Je lui fais lire des témoignages, lui explique que dorénavant je me prendrai en charge, que mon corps sait mettre au monde un enfant (même lui n’en doutais pas, tiens…) et que si la grossesse se passe normalement je souhaite fortement que notre bébé voit le jour dans sa maison. Il s’est laissé convaincre ("pourquoi pas, après tout…") et je crois qu’il est entré vraiment dans cette aventure le jour où nous avons rencontré J. pour la première fois.

J’avais choisi, éclairée par mes recherches Internet, je me sentais libre car j’avais décidé de devenir actrice de cette grossesse et de cet accouchement, d’accompagner et d’accueillir ce bébé à ma façon… J’avais trouvé une personne qui respectait et comprenait mes choix, avec qui je pouvais discuter (je devrais dire NOUS pouvions discuter car bien sûr Xavier était intégré au projet). Pfffiou, ça me changeait drôlement des relations que j’avais eues avec le personnel médical lors de mes précédentes grossesses. On me demandait comment j’allais, ce que je ressentais, on parlait naissance, vie, mort, on parlait de nous… on ne parlait pas de col, de contractions, de centimètres, de dilatation…

Peu de temps après cette conversation téléphonique, bébé s’installe, nous sommes en avril 2004. Comme J. habite à 1h30 de la maison, je contacte alors C., sage-femme de ma région, lui parle de mon projet et lui demande si elle accepte de faire mon "suivi de grossesse". Elle adhère au projet, se rend disponible tout au long de cette grossesse, je la sens même plutôt motivée ! Elle accepte mon choix de refus de gestes systématiques. Je me sens bien, et la grossesse se déroule sans examen du col, avec le minimum d’analyses.

Décembre, l’attente.

Lubin étant né 2 semaines avant la date théorique du terme, je pense que je vais accoucher bien avant le terme des 41 semaines…

Les jours et les nuits se succèdent, chaque matin je me dis que c’est peut être pour aujourd’hui, chaque soir je me couche en disant à Xavier que c’est peut être pour cette nuit. Mais rien, enfin, rien qui ne laisse présager un accouchement imminent. Chaque réveil est identique au précédent, chaque nuit aussi calme que la précédente.

Cette succession de nuits et de journées, vécues dans l’attente, me semble interminable. Va-t-il se décider à naître un jour ce bébé ? Et pourtant, je ne suis pas encore "à terme", enfin, disons que j’ai encore le temps… Quelques mails par ci par là échangés avec J., de plus en plus fréquents, jusqu’à ce 27 décembre où un message de sa part provoque un déclic en moi : je décide de ne plus "attendre", je décide de vivre normalement, de profiter de ces derniers jours de grossesse avec ma famille, et de laisser ce bébé libre de venir quand il le souhaitera.

A partir de ce jour, nous commençons à préparer le réveillon du 31 !

L’accouchement, la naissance…

Dans la nuit du 29 au 30 décembre je ressens quelques contractions, non douloureuses mais fréquentes, qui se poursuivent dans la matinée… Cela m’est déjà arrivé, il y a 2 semaines…

En fin d’après-midi les contractions reviennent, fréquentes et régulières mais en aucun cas douloureuses… Avec Xavier on s’amuse à penser que finalement ce bébé sera peut être de 2004. Je crois que j’en suis intimement persuadée mais je ne veux pas y croire !

Je fais un peu de rangement, m’active un peu en montant et descendant les escaliers plusieurs fois sous le regard amusé de Marius qui me dira le lendemain "ben heureusement que tu as monté les escaliers hein !!". Ca l’avait marqué !

Pendant le dîner, je dis à Xavier que je vais quand même appeler J. une fois que les enfants seront couchés, pour la tenir informée. Nous sommes en plein dans les fêtes de fin d’année, et ça me gêne un peu de la déranger pendant cette période, alors je préfère la tenir informée plutôt que de l’avertir par surprise et dans l’urgence.

Vers 20h30 nous couchons les enfants, et je ressens ensuite le besoin de préparer une couverture pour le futur bébé, des serviettes de toilettes etc. Je me sens bien, avec Xavier on rigole et il décide de préparer le matelas pour l’accouchement. Nous choisissons de l’installer dans la chambre d’amis / salle de jeux… la pièce est petite, on y sera bien.

Je crois qu’à ce moment je réalise que finalement il se pourrait que ce bébé arrive à l’aube. Je suis heureuse… cela fait plus de 2 ans que je me renseigne et me prépare à l’AAD, et voilà que le moment serait arrivé ? Je n’ose y croire ! Que de chemin parcouru ces derniers mois avec J., la femme que nous avons choisi pour nous accompagner, C., mon autre sage-femme qui nous a toujours soutenus dans ce projet. Un long chemin parcouru avec Xavier également… sans oublier les enfants.

Les premières contractions de "travail", celles qui me font dire que cette fois il n’y a guère de doute, que c’est bien "ça", m’ont toujours rendue euphorique pour chacun de mes accouchements. Je n’ai aucun souvenir d’avoir ressenti une inquiétude quelconque, un "pourvu que ça se passe bien", même pour mon premier enfant,… Non, vraiment je suis toute contente, une belle aventure, inconnue certes mais puissante, nous attend, et voilà qu’on y entre, comme des gamins, comme si c’était la première fois. Je laisse mon corps accomplir son œuvre.

A 21h45, après avoir hésité, je décide d’appeler J. pour la tenir informée… Pour elle le travail a commencé, elle est prête à venir quand je le souhaite. Je lui dis que je vais la rappeler (je ne veux pas la faire déplacer pour rien)… On se dit que ce serait royal que la naissance ait lieu cette nuit !! Oui j’aimerais bien aussi, surtout que je ne voudrais pas qu’elle rate un repas de famille ou autre demain soir à cause de moi. J’ai l’impression que ça lui est un peu égal tout ça.

Je termine un peu de rangement dans la bonne humeur.

Xavier est assis sur le canapé, il regarde la télévision. Il attend. Il m’attend. Chacun de notre côté nous nous préparons à entrer dans la danse.

A 22h45 je rappelle J., je viens d’avoir une ou deux contractions légèrement douloureuses, et surtout elles sont insistantes dans le bas du ventre, chose que je ne ressentais pas pendant la grossesse.

Nous pensons toutes les deux que le moment est venu pour qu’elle parte… Je lui dis que tout va bien, que nous avons encore du temps devant nous…J’ajoute que je la rappelle si les contractions cessent… elle pourra toujours faire demi-tour et rentrer chez elle. Bon, je crois qu’elle savait qu’elle ne ferait pas demi-tour ce soir là !

Je passe un peu de temps sur Internet puis monte à l’étage prendre un bain chaud.

Le bain me soulage des contractions qui sont devenues plus douloureuses depuis que je sais que J. est partie (certains diront que c’est un hasard ;)…). Il me permet aussi de me "poser", je suis seule, je parle à mon bébé, le caresse, lui dis que nous allons nous rencontrer, que je compte sur son aide… Pause bénéfique. Je suis dans la baignoire, je me vois dans le miroir, dans quelques heures ce bébé qui emplit mon ventre sera hors de moi, là, tout près. Qui es-tu mon petit ?

Vers minuit je sors du bain, je descends, et je demande à Xavier de poser son oreille sur mon ventre, je crois que bébé est positionné dos à gauche alors qu’il avait été dos à droite pendant toute la grossesse. J’ai besoin de savoir comment il est pour l’imaginer, et mon ventre est devenu trop tendu pour le sentir avec mes mains. Selon Xavier il est bien dos à gauche !

La chaleur du bain m’ayant réellement détendue, je dis à Xavier que nous allons commencer l’opération "compresses chaudes" : il fait chauffer de l’eau et nous passons notre temps dans la cuisine à mouiller des lingettes en coton que j’applique sur mon ventre à chaque contraction. Je reste debout, je ne peux pas m’asseoir, la position assise est trop inconfortable et en même temps mes jambes commencent à fatiguer. La chaleur humide me fait du bien, je ne peux plus m’en passer et je "franchirai" chaque contraction avec la chaleur de la serviette sur mon ventre. La "tempête" a commencé, nous parlons peu, la maison est dans une semi-pénombre qui nous rassure, tout est calme, les enfants dorment. Nous formons quand même une belle équipe !! : lui maintient l’eau bien chaude et renouvelle les serviettes entre chaque contraction, et dès que je lui fais signe, il m’en tend une que je lui rends après la contraction.

A minuit et demi je commence à m’impatienter, les contractions se font de plus en plus fortes, j’ai envie que J. soit là, maintenant, comme si elle pouvait me prendre un peu de cette douleur en étant à mes côtés, mais au fond que va t-elle faire de plus ou de moins ? Etre là simplement. Au fur et à mesure que les contractions augmentent en intensité, je me sens de plus en plus seule. Je demande à Xavier de l’appeler pour savoir où elle est. Elle sort d’Angers. Dans une demi-heure elle sera là, c’est parfait. Je crois que je craignais que le bébé n’arrive avant elle, je n’avais pas envie de ça.

J. arrive à 1h05, vêtue de blanc, calme et souriante comme à son habitude. Elle me demande si je souhaite que l’on écoute le cœur de mon bébé. On écoute rapidement les battements du cœur, elle me confirme que bébé s’est placé dos à gauche sous la force des contractions. Vraiment très fort mon homme ! Le bébé est en parfaite position. L’écoute du cœur sera le seul "examen" fait pendant la phase de travail et d’expulsion. La voix de J. est douce, je sais que tout va bien. Nous parlons entre chaque contraction, l’ambiance est à la bonne humeur, mais rapidement les contractions deviennent très rapprochées. Je décroche de plus en plus de la conversation, je n’arrive plus à me concentrer. De tout ce moment passé à parler je ne me souviens que d’une chose : je revois J. qui, en se lavant les mains, me dit qu’en malien "accoucher" revient à dire "partir en guerre" ou quelque chose comme ça… mais je décroche et ne fais pas l’effort de répondre.

Je me souviens aussi lui avoir dit que j’avais peur, peur d’avoir trop mal au moment où je devrai laisser passer ce bébé. Elle m’interroge sur cette peur. Je crois que je voudrais que tout s’arrête là, j’ai besoin d’un moment de répit et je sens au contraire que le bébé arrive, que mon corps le fait naître, je ne peux plus reculer, je ne peux plus rien faire, il faut "partir en guerre" ;-)

A 1h40 une contraction beaucoup plus violente me donne l’envie de pousser. Je crie "ça pousse" ! J. me suggère de me rendre sur mon matelas si je le souhaite car ensuite ce ne sera plus possible. Qu’elle est sage, cette femme !! Toujours dans la proposition, la suggestion, la douceur, la liberté. Jamais elle ne m’a imposé quoi que ce soit ou parlé de façon trop dirigiste. C’est ça l’accouchement à domicile !

Je fais quelques pas pour rejoindre la pièce que nous avons aménagée pour la naissance (un matelas protégé, posé par terre contre le lit de la chambre d’amis).

J’ai mal (j’ai même pensé l’espace de quelques secondes que je serais bien mieux avec une bonne péridurale !) mais j’essaie de profiter de ce moment qui précède de peu la naissance, je sais que mon bébé sera contre moi dans quelques minutes, une aventure va se terminer, une autre commencer, tout se passe comme je l’avais imaginé…

Je m’agenouille sur le matelas et m’appuis sur les oreillers du lit, cette position me semble la plus évidente à ce moment là.

J’entends J. qui murmure : "maintenant le temps t’appartient, tu vas à ton rythme, tu as tout ton temps, c’est toi qui décide quand va naître ton bébé". J’ai choisi de rester chez moi entre autre pour donner une naissance douce à mon bébé, alors je décide que cette fois, malgré la douleur, je prendrai tout mon temps pour faire naître mon bébé. Personne ne me dit ce que je dois faire, c’est mon accouchement, j’en ai pleinement conscience à ce moment là.

J. applique des serviettes chaudes sur ma vulve, que ça fait du bien !

En quelques contractions la tête commence à sortir, étirant le périnée à son maximum, puis remonte entre les contractions, me laissant quelques secondes de répit bénéfique, puis ressort sous la force de la contraction suivante... plusieurs fois de suite. J. m’invite à toucher la tête de mon bébé qui est là. Je ne peux pas, je n’y arrive pas. Mon esprit est dans mon corps, toucher la tête du bébé de ma main me ferait sortir de mon corps, je n’en ai pas la force. Je murmure "non". La douleur est intense, j’ai l’impression que mon périnée va exploser, je visualise parfaitement la position de la tête de mon bébé, j’ai l’impression de le voir progresser à l’intérieur de moi… mon bébé… Il est presque là… J’essaie de ne pas forcer la poussée pour préserver mon périnée, je sais que le passage doit se faire en douceur, J. me le rappelle aussi et me conseille juste de bien respirer pour oxygéner mon bébé entre les contractions. J’ai parfois l’impression qu’il ne va jamais passer, je le dis, juste pour entendre une réponse que je connais à l’avance ! Et J. m’assure que si, il va passer !

Alors je laisse mon corps faire. J. et Xavier sont à mes côtés, ils se taisent, me laissent accomplir ma mission. Leur présence est rassurante et leur silence me confirme que tout se déroule normalement. Je ne les regarde pas, j’ai la tête enfouie dans les coussins, mais je sens qu’ils se regardent et se font des petits signes ;) !

J’entends Lubin qui pleure là haut… puis la tête sort complètement, et tout le corps de mon bébé qui se met à pleurer tout doucement, juste un petit peu, tranquillement. Il ouvre les yeux. Sensation extraordinaire, tout s’est fait si doucement…

Je me retourne : un garçon !!! Je m’allonge… "mon bébé, mon bébé". J. l’enveloppe rapidement dans une serviette, et remonte le bébé contre moi. Nous resterons ainsi l’un contre l’autre jusque dans la matinée. J. s’éclipse pour voir l’heure qu’il est… 1h54, nous sommes le 31 décembre 2004.

Xavier monte voir les enfants qui se sont réveillés, ils descendront quelques minutes plus tard, découvrir leur petit frère, très intimidés… puis remonteront se coucher d’eux-mêmes, très calmement.

Je revois cette image, ils se sont approchés, main dans la main, ils sont restés sur le pas de la porte, n’osant pas entrer alors que nous étions pourtant entre nous, en famille, comme d’habitude…comme si le silence était précieux, ils ne parlent pas, ils respectent l’intimité, ils regardent, cela leur suffit. Ils ne bougent pas, je les invite à entrer, ils font un pas, peut être deux. Mais ils ont juste observé, se sont regardés, et sont remontés… sans un mot, peut être juste un murmure, un regard complice… et un grand sourire…magique…

Après la naissance, comme après chacune des 3 naissances de mes enfants, mon corps est très tendu, j’ai mal au ventre, j’ai froid. J. me dit que le placenta est certainement décollé mais me gêne. Elle me propose de m’accroupir, ce que je fais, et il sort, environ 20 minutes après la naissance…véritable "délivrance", je n’ai commencé à me détendre qu’à partir de ce moment là ! Nous l’examinons ensemble, J. nous en explique les différentes parties, leur fonctionnement… superbe ! Xavier l’enterrera le surlendemain dans notre jardin, au pied d’un jeune abricotier.

J. écoute le cœur et les poumons d’Aurèle, toujours blotti contre moi, il est en pleine forme.

Quant à moi je n’ai eu qu’une petite déchirure superficielle qui sera laissée "en l’état".

J. et Xavier prennent le temps de tout ranger puis nous prenons un thé ensemble sur le lit. Il doit être 4 ou 5 heures du matin, la maison est redevenue calme.

Xavier monte se coucher à l’étage pour être auprès des grands, J. va se reposer sur le canapé… nous lui avions préparé un lit, finalement c’est moi qui l’ai pris… :-/ Moi je reste blottie contre mon bébé dans la pièce où il est né. Je passe une fin de nuit secouée régulièrement par les contractions de l’après-naissance mais avec mon bébé contre moi. Je savoure…

Vers 9 heures nous nous retrouvons tous autour de la table de la cuisine, nous prenons le temps de discuter… encore un moment très agréable !

En fin de matinée J. s’en va retrouver sa tribu…

Une nouvelle journée commence… pour elle, pour nous qui sommes chez nous sans rien d’autre à faire que de goûter au bonheur d’être réunis, en famille.

Quelques heures plus tard nous habillons Aurèle… il prendra son premier petit bain le surlendemain.

Une semaine après, ce que je retiens de cette nuit là, c’est la simplicité du moment, la confiance réciproque entre Xavier, J. et moi, le respect, l’écoute du corps, la tranquillité de la maison, l’émerveillement des enfants au milieu de la nuit, la liberté, le temps qui nous appartient.

Il en faut bien peu de choses pour créer un grand moment…

Merci à J. et à toutes ces sages-femmes qui permettent aux couples qui le désirent d’avoir le choix de la naissance de leur enfant. J’ai le sentiment d’avoir accouché pour la première fois ce 31 décembre 2004.

C. (ma sage-femme "de proximité" !!) est passée à la maison une fois par jour pendant 4 jours.

Le 3 janvier, Xavier est allé déclarer son fils à la mairie… dans un village de 400 habitants ça crée l’événement…

Anne-Sophie

Epilogue , quelques mois plus tard :

Aujourd’hui, j’ai envie de "ranger" ce récit, afin de passer à autre chose, une autre histoire.

Je me suis offert le luxe d’une naissance à la maison. Oui, j’ai goûté au luxe.

Cela me ferait presque peur, car quand on a goûté au luxe, difficile d’imaginer pouvoir s’en passer, même pour une autre histoire…

J’ai goûté à la liberté, cette liberté que l’on ressent lorsque tout, même l’impossible, devient réalisable. Cette liberté je l’ai prise en prenant mes responsabilités, en refusant de me soumettre à la volonté de quelques personnes, en décidant. Moi… pour moi.

Mer 7 nov 2007 Aucun commentaire