Partager l'article ! La naissance d’Elinor: Elinor ou une arrivée en trombe… Le travail traînait en longueur sans grande efficacit ...
"Naître Chez Soi"
Elinor ou une arrivée en trombe…
Le travail traînait en longueur sans grande efficacité sur le col depuis dimanche matin. La sage-femme, Isabelle, est passée lundi en fin d’après-midi pour constater que ça ne bougeait a priori
pas, le col reste très postérieur même s’il est mou ; bref, ça peut encore durer un jour, deux, qui sait ? La soirée se passe donc normalement, les enfants sont au lit, on est en bas
et on regarde des épisodes de Star Trek.
Au fur et à mesure les contractions se font plus longues et plus intenses mais quelque part je me voile la face, je n’y crois plus à cet accouchement, on est arrivés à presque deux jours
du terme ! Pas moyen de dormir, donc toujours DVD et broderie en alternance avec aussi des massages du dos par Philippe, jamais assez, et recours à la bouillotte, formidable.
Je laisse filer le cours des choses mais à 2 heures du matin, il faut se rendre à l’évidence : les contractions sont espacées encore d’environ 6-8 minutes, mais elles me clouent sur place.
Je ne les supporte à peu près qu’en étant debout, ou très vite en me suspendant à ce que je peux, de préférence le haut d’un meuble ou d’une porte ! Entre deux, un peu crevée, je récupère
en me vautrant dans le canapé... Si j’ai le malheur d’être assise, ou pire allongée, la douleur est terrible. Autre posture qui soulage, assise sur les WC, on fait comme on peut ! Je gémis
doucement "descends bébé, tu peux venir, descends" en me pendouillant donc… et finis par suggérer à Philippe d’appeler Isabelle, pensant que là quand même ça a dû avancer.
Là, Isabelle nous annonce qu’on vient de l’appeler pour un autre accouchement, le cas de figure rarissime… mais fallait que ça nous arrive ! Je lui décris la situation, et comme l’autre
maman a déjà perdu les eaux et pas moi, on convient qu’elle va d’abord la voir et ensuite nous appelle pour voir quel travail est le plus avancé. En raccrochant, on se dit avec Philippe que ça
se corse, mais que bon, ça peut encore durer plusieurs heures a priori, donc pas de panique…
L’ennui c’est que dans la minute qui suit, j’ai une énorme contraction alors que je me relève du canapé, avec déjà une sensation de poussée... Je me dépêche et m’appuie contre le montant de la
porte, et vlouf, la poche des eaux se rompt dans un grand splash, sous les yeux interloqués de Philippe. C’est sûr qu’a posteriori on s’est dit que le canapé et le tapis avaient eu
chaud !
Là Philippe décide de prendre l’initiative, et me propose d’aller à la maternité sans attendre la SF. Mais à ce moment-là je suis passée en mode instinctif et je dis non, je ne mets pas un pied
dans la voiture, c’est maintenant, le bébé va arriver. Philippe est assez incrédule, mais je fonce dans la salle de bains, l’envie de pousser est de plus en plus implacable.
D’abord assise sur les WC, je me relève dans un état de transe ou presque, je crie à Philippe de venir et de rester là, et surtout de récupérer le bébé (une phobie de voir le bébé tomber sur le
carrelage) et m’accroche au bord de la vasque, toute tremblante et prise dans l’effort de poussée qui me dépasse. Le fait de me voir dans le miroir est assez étrange, et je plonge la tête dans
le lavabo pour ne penser à rien d’autre qu’à ce bébé qui arrive...
Une poussée, je beugle élégamment et la tête passe, Philippe n’en croit pas ses yeux et me demande ce qu’il doit faire : tirer dessus ? Non non, je souffle qu’il peut me laisser
reprendre un peu d’air, qu’il va y avoir une nouvelle poussée et qu’il doit juste rattraper le bébé (mon obsession !).
Nouvelle poussée et hop, après un bref écartèlement, je sens l’intense soulagement d’un bébé qui sort, tout simplement... et re-splash, mais Philippe récupère le bébé (ouf) et j’aperçois juste
quelque chose de rose. Il me dit "j’en fais quoi ?" avec le cordon qui la relie toujours à moi, forcément je la prends dans mes bras et la respire, l’accueille pleinement... avant de
revenir sur terre avec Philippe qui me tend une serviette et dit qu’il va tout nettoyer !
Je m’assois sur les WC avec mon petit paquet enveloppé dans sa serviette, elle est belle, toute chaude, un peu de vernix sur les épaules mais le visage tout propre, un peu de cheveux, des yeux
qui s’ouvrent et des petits miaulements.
On prend conscience de ce qui nous est arrivé, et on savoure pendant que là-haut, ça roupille toujours… Isabelle rappelle alors pour prendre des nouvelles, et comme Philippe annonce qu’on est
désormais vraiment 3 à l’attendre, elle conseille simplement de garder bébé bien au chaud et annonce son arrivée dans la demi-heure qui suit. Entre temps Philippe nettoie le sol…, et je vais
m’allonger dans la chambre à côté, toujours connectée à Elinor, dans une nouvelle serviette, mais contre moi, sur ce ventre qui paraît déjà si flasque.
Philippe et moi avons à peine le temps de réaliser que ce bébé est arrivé sans autre intervention que moi qui pousse et lui qui réceptionne ! Scénario pas prévu mais qui à part une dose de
stress de dernière minute s’est bien déroulé... Mon corps a tout fait seul, l’instinct me dirigeait et tout était spontané. Sûr que le suivi régulier et la toute récente visite de la sage-femme
m’autorisaient à penser que tout se passerait bien…
Il devait être à peu près 3 heures quand Elinor est née. Isabelle arrive et constate que tout va bien : bébé ok, placenta ok quoique déjà un peu calcifié, maman ok, première mise au sein
ok... du velours ;-) Elinor est pesée, 3,650 kg et puis retour au sein, et on s’occupe de la paperasse dans la douceur de ces drôles d’instants un peu hors du temps. Il est 5h30 quand
Isabelle nous quitte pour rejoindre l’autre famille, dont le bébé attend sagement sa présence pour pointer le bout de son nez, lui… et Philippe va finir par rejoindre notre lit, en me laissant
avec Elinor pour récupérer un peu. A 7h30 le fiston déboule en réclamant son p’tit déj, mais quand son père lui annonce que le bébé est arrivé, ses yeux s’écarquillent et il fonce le dire à
Rozenn pour ensuite venir découvrir leur petite sœur : ils sont tout câlins, et finalement on se dit qu’on ne s’est pas vraiment posé la question, dans le feu de l’action, de les déposer
chez des amis ou non. Ils n’ont pas été bousculés, mais n’ont pas été présents non plus directement, et c’est tant mieux.
Voilà pour nos aventures domestiques !
Derniers Commentaires