Naissance de Noah 14 août 2005 à 00h15


Samedi 13 août, 6 heures et quelques du matin, je suis réveillée par de fortes contractions. Je mesure : 15 minutes puis 45 entre deux, c’est assez anarchique, faux travail ou pas ? Joël dort encore, je reste couchée et je surveille. Je voulais aller au marché ce matin, puis à Toulouse acheter le papier pour les faire-parts, tant pis, je m’attends à accoucher vite, comme pour Héloïse, donc je ne prendrais pas le risque. Je vais aux toilettes et me rend compte que je perds doucement le bouchon muqueux. Vers 9 heures, Joël se réveille un peu, je lui annonce tout doucement la nouvelle : c’est sans doute pour ce week-end (comment je sais que ce n’est pas un faux travail ?), une demi-heure en moyenne entre deux contractions, non ce n’est pas pour tout de suite. Il se rendort un peu, Samuel (9 ans) et Héloïse (7 ans) se lèvent, on leur annonce l’arrivée du bébé. Puis j’appelle Virginie, notre sage-femme, pour qu’elle se tienne prête, elle a 2 heures de route pour arriver !

Je prépare une liste de courses pour Joël, avec des choses que j’aime, pour pendant et après la naissance, et pour tout ce long week-end férié. Toute la journée, les contractions restent irrégulières. Je me douche régulièrement (comme je regrette qu’on n’ait pas de baignoire !), je joue aux cartes avec Héloïse, la journée se passe comme n’importe quelle autre… L’après-midi, je rappelle Virginie, les contractions se sont un peu rapprochées mais ce n’est pas encore imminent. Je perds toujours du bouchon, le col travaille mais n’est pas encore vraiment ouvert, je vais aux toilettes à presque chaque contraction, mes intestins se vident, en prévision de la naissance ? Nous pensons toutes les deux que ce bébé viendra cette nuit. En attendant tout va bien, je suis assise sur le ballon, des gants d’eau chaude sous le ventre, la douleur est très acceptable, et puis elle me rappelle que pour la troisième fois je vais donner naissance à un enfant.

Vers 19h, je vais prendre une douche (ah le bonheur du jet d’eau chaude sur le bas-ventre !) et tout s’accélère, sous l’eau les contractions sont toutes les 2 minutes maximum, Joël essaie d’appeler Virginie mais elle n’est pas chez elle et le portable ne répond pas ! Là il commence à paniquer, quand je sort de la douche je m’aperçois que je me suis trompée en notant son numéro, tout rentre dans l’ordre, elle se met en route !… En l’attendant on fait une énorme plâtrée de spaghettis bolognaise pour tenir la route, c’est notre dernier repas à quatre ! Je met une brioche en route dans la machine à pain. Virginie arrive à 21 heures, elle mange un peu puisque les contractions sont à nouveau anarchiques. Je reste avec eux dans le salon, les enfants sont dans la chambre de Samuel devant l’ordinateur. A un moment donné (22heures ?), je ne sais plus comment me mettre, je passe dans notre chambre, je m’allonge, puis me mets à genoux, en appui sur une pile de coussins, Virginie nous laisse, elle part dans le salon où Héloïse la rejoint. La douleur commence à être vraiment très forte, je respire longuement, j’essaie de me concentrer, je m’énerve quand les gants chauds n’arrivent pas assez vite, ce bébé ne devrait plus tarder ! Puis j’ai l’impression que quelque chose bouge, je demande à Virginie de m’examiner : 7/8 cm, je me relève et là je perds les eaux (spontanément c’est la première fois !!!) sur la couette !!!

Virginie sort son matériel d’urgence sous la surveillance d’Héloïse qui veut ensuite faire rentrer le chat : je suis obligée de lui demander soit de se taire soit de partir, j’ai besoin de me centrer sur moi… La douleur devient petit à petit très intense et surtout continue, elle se contente de diminuer entre les contractions qui sont très très rapprochées...j’essaie le tabouret hollandais, Joël devant moi me sert d’appui, mes bras autour de lui, Virginie est à côté et m’aide par des paroles douces à me recentrer sur le lieu de la douleur plutôt que sur la douleur même, Héloïse est là aussi qui me prodigue caresses et mots doux. Spontanément je me mets à produire un son grave et long...J’entre dans une autre dimension, je perds mes repères, je ne vis plus que de sensations : sensation de la main que Virginie pose sur ma cuisse, son de sa voix douce qui me guide dans ce monde là, sensation fraîche de la main d’Héloïse qui fait disparaître toute douleur pendant quelques instants, sensation de la chaleur de Joël face à moi comme un rocher dans ce monde, sensation du bébé qui avance dans mon vagin, je sens bien qu’il passe un cap, je le sens, mais pourquoi c’est si long ? Virginie se pose la même question, je la vois vérifier la position du bébé, à quelques cm dans mon vagin, elle vérifie son cœur, puis me demande si j’ai envie de pousser, ben non oui pas vraiment, je sens mon corps pousser doucement mais pas d’envie brutale comme pour Héloïse. Elle me demande si je veux changer de position, mais je ne sais plus rien, ça fait trop mal. Mais j’ai l’impression que la tête ne pourra pas sortir, qu’elle sera bloquée sur ce siège, même si je sais qu’il y a un creux exprès…

Virginie me propose de m’allonger sur le côté, Joël m’aide à m’installer mais je sens (Virginie aussi) que c’est pas bon, je reste 2/3 contractions comme ça mais je ne me repose même pas, dès que je m’en sens la force je me redresse, me mets à genoux en appui sur Joël devant moi et là Euréka c’est bon, je sens sur mon souffle long mon bébé pousser vraiment sur mon périnée (aïe), il commence à sortir, la contraction s’arrête et la tête reste là, je voudrais qu’elle rerentre, ou qu’elle sorte carrément, ça brûle !!! Pendant tout ce répit, Virginie me parle de cette sensation de brûlure, elle la connaît, c’est bon de savoir qu’elle a partagé cette douleur là ! Ouf une contraction, je laisse pousser en soufflant très fort et longtemps, la tête passe lentement puis très vite les épaules, c’est fini, la douleur s’arrête, quelle délivrance !!!Je plane encore un peu, toute à l’arrêt si brutal de la douleur. Et puis j’entends du bruit là sous moi : c’est mon bébé !!! Il est beau, un peu gris avec le vernix, tout lisse, au milieu du halo de ma conscience...Je le touche frénétiquement en lui parlant et Joël s’exclame : regarde Amélie, c’est Noah, c’est un garçon c’est Noah !!!Virginie termine de dérouler les 3 ( !!!) tours de cordon qu’il a autour de la tête et je le prends, je l’ai bien mérité... Héloïse court chercher son grand frère, on est là, j’ai Noah tout contre moi avec une serviette sur nous, tous les cinq… Le cordon cesse de battre et Joël le coupe, Noah est déjà au sein !!! Quel bonheur.

Un peu plus tard, après nous avoir laissé, Virginie s’occupe du placenta prêt à sortir, puis m’examine : j’ai une déchirure superficielle du côté interne du périnée, qui cicatrisera en moins d’une semaine sans point. Elle me lave, me met couches et alèses, pendant que je suis toute à Noah qui est encore tout nu lui ! Puis je me lève et Joël enlève la première couche de drap et alèse, je me recouche. Virginie repart au salon faire tous les papiers, Joël sert la brioche et du chocolat à tout le monde, il est déjà 2 heures, Samuel et Héloïse sont heureux de voir leur petit frère, particulièrement Samuel qui ne voulait pas d’une deuxième sœur ! Avant de partir Virginie pèse Noah : 3,3 kg…

Enfin tout le monde se couche, chacun dans son lit, Joël, Noah et moi ensemble…

Merci à toi Noah de nous avoir permis de vivre ça !

Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /Déc /2006 23:16
- Par Frédérique Horowitz - Publié dans : Témoignages
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