"Naître Chez Soi"
Article dans le Famili d'octobre 2004, page 97.
Signé par Claude de Fay avec Jacqueline Lavillonière, sage-femme, vice-présidente de l'association des sages-femmes.
Pour la grande majorité des futures mamans, une naissance passe forcement par une certaine médicalisation et un séjour à l’hôpital. Pour les autres –à peine un 1%- rien de plus normal que
de mettre leur bébé au monde chez elles, entourées de leur famille.
Pourquoi ne pourraient-elles pas vivre cette expérience si leur choix est soutenu et qu’elles rencontrent la sage-femme qui les accompagnera ? (...)
Leur motivation première est (…) prendre une part active dans la naissance de son bébé. Pour la femme, être respectée dans son corps, ne pas se faire " voler " ce moment très important de sa vie…
Ces futures mères ont envie d’être écoutées et rassurées sur leurs compétences, ce qui n’est pas toujours possible quand on accouche à l’hôpital et que le personnel est débordé.
Une femme ne peut envisager une naissance à domicile sans avoir confiance en elle-même et en une professionnelle expérimentée. (…) La préparation à la naissance est personnalisée (et non
standardisée) car la future maman vivra son accouchement de manière complètement différente. (…) pendant le travail elle ne pourra compter que sur ses propres ressources :impossible (…) d’avoir
recours à la péridurale. Elle doit (…) apprendre à connaître parfaitement son corps pour pouvoir mieux gérer la douleur.
(…) Autre particularité de l’accouchement à domicile, la future maman adopte les postures qui lui conviennent le mieux : accroupie, assise, debout…Jacqueline Lavillonière, sage-femme [dit
que] ce sont le plus souvent des positions " à la verticale ", qui évitent les déchirures du périnée, contrairement à la position allongée, non physiologique .
(…) les grossesses à risque (jumeaux, siège, diabète, hypertension, placenta bas-inséré…) constituent une contre-indication à l’accouchement à domicile. (…)
Si des petits soucis se présentent en cours de travail (une dilatation qui ne progresse pas, par exemple), une équipe médicale de la maternité la plus proche, en liaison avec la sage-femme, est
prête au transfert de la future maman.
Comment ça se passe
- Lorsqu’une future maman désire accoucher chez elle, (…) bénéficie d’un "accompagnement global " : elle est suivie par la même sage-femme, qu’elle aura choisie elle-même (bouche à oreille,
association…), de la grossesse jusqu’aux suites de couches. Toutes les précautions sont prises, mais il faut qu’elle et son bébé soient en parfaite santé.
- La future mère doit s’inscrire à la maternité la plus proche de chez elle, avec laquelle la sage-femme reste en liaison. (…) l’équipe médicale, aura alors connaissance de son dossier. Elle
prendra en charge toute complication survenant pendant le travail et obligeant à un transfert vers la maternité.
- La sage-femme assure les visites mensuelles et la préparation à la naissance (…). Elle prescrit tous les examens nécessaires prise de sang, échographies…Le jour de l’accouchement elle se
déplace à domicile avec le matériel médical indispensable :ciseaux et pinces de Kocher pour couper et clamper le cordon, gants stériles, oxygène, perfusion, flacons de sérum, médicament pour
contracter l’utérus…
- En suite de couches elle rend visite à la maman et au bébé, une fois par jour pendant une dizaine de jours.
Qui met son bébé au monde chez elle ?
L’association Naître à la maison a dressé le portrait des futures mères qui souhaitent rester chez elles pour accoucher.
- Elles ont de 25 à 35 ans, et 75% d’entre elles vivent maritalement. (…)
- Environ 40% des futures mamans font ce choix pour une première naissance, 30% pour une deuxième, 20% à partir du troisième enfant.
- 99% restent favorables à l’accouchement à domicile après une première expérience .
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