Droit de réponse envoyé par le collectif


Droit de réponse du collectif « Naître Chez Soi » suite à l’article de Bérénice Debras, paru dans l’édition du mois de Novembre 2007 du magazine Biba.


S’il est encourageant de constater que l’accouchement à domicile a enfin sa place dans votre magazine, nous souhaitons réagir à certaines des affirmations de votre journaliste.

Dans le titre elle parle de « prendre des risques pour mettre un bébé au monde », or aucune étude n’a pu prouver la dangerosité de l’AAD, au contraire les résultats d’études épidémiologiques menées à grande échelle dans les pays industrialisés ont prouvés des résultats périnataux au moins aussi bons, voire meilleurs qu’en structure hospitalière, je vous invite à consulter ces études sur le site internet de l’Alliance Francophone pour l’Accouchement Respecté http://afar.naissance.asso.fr/


Pour revenir sur l’argument du professeur Lansac « c’est vrai que les femmes, depuis des millénaires, donnent la vie chez elles mais combien en sont mortes », il faudrait préciser que l’AAD aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était il y seulement 50 ans. Les conditions sanitaires des lieux de naissances (le sol en terre battue c’est plutôt rare en France en 2007), les conditions du suivi des grossesses, la formation des sages femmes qui accompagnent les accouchements, tous ces paramètres font qu’on ne peut pas comparer l’AAD de nos grands mères, ou des populations du tiers monde avec l’AAD tel qu’il est pratiqué en France, en Europe et aux EU aujourd’hui.

Le magazine « Les Maternelles » de France5 a consacré une émission au sujet de l’accouchement à domicile en date du 26 Novembre, sur un ton moins passionnel et autrement mieux documenté que le travail pour le moins superficiel et partisan à l’origine de l’article de votre magazine.


Cordialement,


Frédérique Horowitz
Pour le Collectif « Naître Chez Soi »

 http://www.naitre-chez-soi.info/


 

Ci-dessous, la réaction de Marie, membre du collectif "Naître Chez Soi", à votre article :


Ce que je trouve choquant :


- faire croire que l’AAD est très risqué,


- faire croire que la structure c’est mieux : "Les hôpitaux, malgré tous leurs efforts (réels) pour devenir plus accueillants et chaleureux"...


J’ai l’impression qu’elle n’a pas passé, comme moi, 30 heures de travail seule (avec mon mari) avec pour seul contact avec les sages-femmes les touchers vaginaux ; qu’elle ne s’est jamais fait mettre de force une perfusion d’ocytocine sans péridurale, qu’elle ne s’est pas faite sermonnée par un anesthésiste qui dormait tranquillement, qu’elle ne s’est pas prise une grosse épisiotomie + spatules à 8 de dilatation... Sans doute son bébé ne s’est pas fait tirer l’oreille sans ménagement par une auxiliaire de puériculture pour téter... Non, franchement je ne crois pas qu’elle connaisse le sujet : ni l’AAD, ni la maternité... Et pour ce qui est des maisons de naissances si ça ne voit pas le jour c’est bien à cause de ces chers gynécos qui nous sauvent la vie...

- faire croire que le gynéco assure la bonne santé de la mère et de l’enfant. Ha bon ? Être en vie après un accouchement c’est être en bonne santé ? Et si mon bébé a des griffes sur la tête parce qu’on a percé la poche des eaux alors qu’elle l’était déjà ou alors à cause de la sonde utérine, et si mon bébé ne sait pas téter parce qu’on l’a brusqué, s’il a été aspiré pour rien, sans parler des césariennes de confort pour les gynécos... Si je ne reconnais pas mon bébé, alors que je n’en ai jamais été séparée, parce que je ne l’ai pas senti sortir : suis-je en bonne santé ? Si à cause de l’épisiotomie je ne peux pas m’asseoir et à peine me lever pendant des semaines, j’ai mal pendant des mois : suis-je en bonne santé ? NON !!!!! Quand l’accouchement est fini pour eux c’est bon, mais non ! Il y a une vie qui commence après la naissance et c’est ça l’important.

Voilà, à la volée, pourquoi je suis en colère. Si j’étais la seule je me dirais que je n’ai pas eu de chance que je suis mal tombée MAIS : je suis allée dans une maternité qui a une bonne réputation, conseillée par ma sage-femme libérale à qui j’ai fait aveuglément confiance parce qu’elle est sage-femme, je rencontre souvent des femmes qui ont des expériences similaires voire pires. Pour l’anecdote la dernière en date : une maman que j’ai croisée dans la rue avec qui j’ai papoté s’est entendu dire avec ironie à la sortie de la maternité "on vous laisse sortir mais on garde le bébé parce que vous ne savez pas vous en occuper" : comment devenir mère dans ces conditions ?!

Si les hôpitaux font de réels efforts et bien je leur souhaite bon courage parce qu’il y a du boulot !
 

Marie.

Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 09:13
- Par Frédérique Horowitz - Publié dans : Vu dans les médias...
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